Chronique : Rupa and the april fishes – Extraordinary Rendition (2008)
Rupa a été élevée en Inde, en France et aux Etats-Unis. Du coup, cette chanteuse dont on retient l’accent parle beaucoup de langues, mais chante essentiellement en français.
Cet album, véritable objet culturel cosmopolitain, vous emmène à droite et à gauche avec toujours l’entrain et les valeurs qui rappelleront Amparanoïa ou Manu Chao, avec un voyage lointain digne de Lhasa, Beirut ou encore des Pink Martini. Enfin la rythmique et les textes ciselés rappelleront à certains la Belle du Berry du tant regretté Paris Combo.
L’ouverture digne d’un tango argentin, avec la chanson Maintenant et ses paroles en français résonnent encore plus fort avec l’accent de Rupa Marya, et sa voix envoûtante. “La vie viendra une autre fois”, chante-t-elle l’air guilleret. De quoi “fermer les yeux” et savourer cette mélodie orchestrée par de nombreux instruments mis au service de la musique.
Dans Poder, on embarque sur les rythmes entraînants de l’Espagne. A deux doigts de la session folklorique, la justesse des sonorités et les paroles amoureuses offrent une atmosphère chaleureuse à cet album.
Le voyage est au coeur de ce disque qui peut paraître parfois difficile à suivre. Où allons-nous ? Jusqu’où peut-on voyager sur un seul et même album ? Ne nous y détrompons pas, l’intérêt est surtout dans l’amour, les histoires que racontent Rupa avec la même vérité, celle de la rue, celle des cafés et des bars où l’on boit jusqu’à plus soif. Ca donne envie de l’écouter énumérer ces histoires en balançant la tête de gauche à droite sur des rythmes jazz hispanisant.
Le groupe natif de San Francisco raconte l’arrivée d’Une américaine à Paris par son prisme loin des préjugés, proche de la simplicité qui propose ici un titre jovial. C’est toujours sur des notes rythmées par l’accordéon, les percussions, ou encore la trompette que l’album avance dans un tourbillon de bonne humeur. On imagine bien l’ambiance festive que ces chansons peuvent provoquer en Live.
Cette voix à l’accent écorché vous emmène dans l’histoire de La pêcheuse, titre où l’on murmure, où l’on chante, où l’on hausse le ton, toujours avec de la grâce.
La majorité des titres chantés en français permet d’intégrer au mieux l’univers mystique et blues de cet opus dans lequel on se laisse gentiment bercer par la voix de Rupa Marya, absolument dénué de tout artifice, comme sur Les abeilles.
Les distances entre Inde, Etats-Unis ou France n’existent plus. Les frontières sont éliminées grâce à la musique et Rupa and the april fishes, qui propose ici une magnifique session initiatique au voyage mélodique. Parti sur un ton de fête, l’album a tendance à un peu s’éteindre au fur et à mesure de l’écoute. Mais l’on retiendra un son propre, une volonté de bien faire, une voix posée et un groupe cohérent qui ressort de cet album.
L’émotion est à son rendez-vous avec Rupa and the april fishes, grâce à des notes tenues, et des mots percutants sur une grande partie de leur album Extraordinary reddition. De quoi passer un moment de détente en musique !

